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Espéré, attendu, longuement préparé, le succès fut au rendez-vous. Succès de fréquentation, avec 1700 participants - dont 400 jeunes - alors que nous en attendions 1000. Succès par la qualité des conférences, débats, tables rondes et ateliers. La diversité des intervenants et des thématiques abordées ont séduit le public et, comme on dit familièrement, il y en avait pour tous les goûts. Succès encore grâce à l'atmosphère fraternelle et conviviale que tous, organisateurs, intervenants et participants, ont su mettre en oeuvre. Respect, disponibilité, écoute, bienveillance : la réussite d'un évènement tient aussi, et peut-être même avant tout, à ces petits riens – un sourire, une poignée de main franche et généreuse, le tutoiement facile sinon de rigueur – qui font qu'on se sent bien ensemble. Et que, décidément, cela valait le coup de se déplacer à Saint-Etienne à l'occasion de ces trois jours, les 11, 12 et 13 novembre, dédiés à l'écologie.
L'occasion de décliner, comme un fil conducteur, le slogan à la teneur tout autant évangélique qu'écologique : “Moins de biens, plus de liens”. Et de réaffirmer cette conviction commune à tous les intervenants : on ne sortira pas de la crise écologique, dont la gravité a été réaffirmée sans ambiguité, avec des mesurettes (le “green-washing”) ni grâce au seul secours de la science. Le concours de celle-ci est certes précieux mais ne saurait suffire. Ce qui est en jeu n'est autre que le changement de notre mode de vie. Clairement, nous devons appendre à faire mieux avec moins. C'est-à-dire explorer les voies de la "sobriété heureuse" (Pierre Rabhi) ou de "l'abondance frugale" (Jean-Baptiste de Foucauld).
Mais ce changement de société, incontournable sauf à aller droit dans le mur, implique tout aussi nécessairement la conversion de nos mentalités et que nous adoptions et un autre regard sur la nature Les conférences plénières du vendredi soir et du dimanche matin, qui portaient plus précisément sur ce dernier aspect (quel rapport au monde ? ), ont dessiné des éléments de réponse. Et donner l'occasion à Michel-Maxime Egger, théologien de confession orthodoxe, de séduire un large public en allant au bout du bout de cette interrogation. Quitte à mettre en cause l'excès d'anthropocentrisme et de dualisme propre à notre civilisation, excès qui a conduit au fil des siècles - surtout après le tournant de la Renaissance, suivi d'un effet d'emballement au XVII° siècle jamais interrompu depuis - à la mise en coupe réglée de notre planète, devenue un vaste dépotoir.
Alors oui, nous devons repenser nos valeurs et peut-être même notre spiritualité. A l'exemple de frère François et de sa compassion universelle pour tout le vivant. François, fait patron des écologistes par Jean-Paul II, dont le message ne peut que continuer à nous inspirer !
A lire aussi :
> Le compte-rendu d'Olivier Nouaillas, journaliste à La Vie et spécialiste de l'écologie
> Tribune du Patriarche oecuménique Bartholomée Ier
> Tribune du cardinal Turkson, président du Conseil pontifical Justice & Paix
> Tribune du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France
> Tribune de Jean Bastaire, écrivain
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