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Tribune

L'urgence écologique chrétienne

En attendant les Assises chrétiennes de l'écologie  du 11 au 13 novembre, Prier publie une tribune de l'écrivain Jean Bastaire, qui milite pour l'écologisme chrétien depuis des décénnies.

Je me réjouis beaucoup de la tenue de ces grandes Assises chrétiennes de l’écologie. Je mesure le chemin parcouru depuis quarante ans, lorsque nous prenions notre première inscription, ma femme et moi, au WWF. Parmi nos camarades écologistes, nous faisions figure d’OVNI. Des chrétiens s’intéressant à la sauvegarde de la nature ? Cela paraissait étrange. Le plus curieux était que nous ne nous contentions pas d’être comme un petit nombre de personnes qui s’inquiétaient du sort de la planète pour des raisons humanitaires. Le souci que nous éprouvions était également dicté par notre foi en Christ.

Il apparaissait déjà, et combien plus aujourd’hui, que l’exploitation insensée des ressources naturelles et le recours à une technologie sans contrôle, sous la pression d’une société de consommation qui prenait son essor, allait nous conduire au désastre. L’alarme commençait à monter dans les esprits lucides envers un système de production et un mode de vie qui, à travers la prolifération cancérigène de la croissance, ne remédiaient pas seulement à l’immense misère des pauvres dans le monde, mais préparaient un immense cimetière pour tous.

Cela, il n’était pas nécessaire d’être chrétien pour le pressentir et le dénoncer. Mais notre participation au combat écologique obéissait à une seconde motivation qui ne réduisait pas l’inquiétude aux seules dimensions de la condition humaine. Notre trouble s’étendait au sort de l’ensemble de la création. Nous ne ressentions pas d'angoisse uniquement pour la créature dominante, gérante et responsable de la maison, mais pour toutes les créatures du Seigneur.

Les exigences de notre foi n’ont fait que croître sur ce point. Aucune créature ne nous appartient, n’est notre propriété, notre bien. Nous avons reçu délégation de les administrer pour le profit de toutes, à commencer par le nôtre bien sûr, mais en rapportant cette tâche à l’unique gloire du Seigneur et non à notre gloire propre. Nous ne sommes pas des conquérants, encore moins des usurpateurs, mais des intendants, des bienfaiteurs, des faiseurs de bien pour tous.

D’où l’intense compassion qui nous a dès l’origine mobilisés, ma femme et moi, pour soulager la misère du monde, toute la misère de tout le monde. Compassion cosmique où la fragilité de l’homme est liée à la fragilité de la nature. Nature et homme sont étroitement impliqués l’un dans l’autre. Nullement réductibles l’un à l’autre, ils vivent une aventure commune.

La parabole du fils prodigue enseigne la bonne issue de la crise. L’écologie chrétienne, c’est le retour au Père d’une humanité dissipatrice des biens que Dieu lui a confiés. Le Créateur a consenti que sa créature le bafoue par une débauche aveugle. Le résultat est qu’elle n’aura même plus accès bientôt à l’auge aux cochons et qu’elle périra en masse comme une espèce nuisible.

Je souhaite un excellent déroulement à ces Assises. Qu’elles soient comme le festin où le père tue le veau gras pour célébrer la conversion du fils prodigue.

Pour aller plus loin

> Tout savoir des Assises chrétiennes de l'écologie organisées par Prier et le Diocèse de Saint-Etienne

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