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Chronique art

Deux hommes et un diable

La scène peinte est entourée d’un médaillon, le tout sur un plafond. L’angle est en contre plongée, ce qui est sensible avec les marches d’escaliers que l’on voit par en dessous. Le lieu semble être un temple avec ses colonnes, ses escaliers et son autel, mais le tout est très théâtral, et le rideau rouge le confirme. Deux hommes sont au centre, le premier est au pied de l’autel, mais ne le regarde pas, il est penché et en signe d’humilité, il a les yeux clos et se frappe la poitrine. Le second, précédé par un chien, descend avec détermination l’escalier du temple, il est bien vêtu et porte un poignard à la ceinture, il désigne de la main, le premier homme, et nous regarde en parlant, tandis qu’un diable en forme de bouc ailé, se tient derrière lui.

« Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien et l’autre collecteur d’impôts. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : “O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, malfaisants, adultères, ou encore comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux fois par semaine, je paie la dîme de tout ce que je me procure.” Le collecteur d’impôts, se tenant à distance, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : “O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis.” Evangile selon Luc , ch. 18 v. 9 à 14.

Le lieu est donc une synagogue, mais seule la numérotation des dix commandements, peut nous le faire supposer, car l’autel et les cierges sont ceux d’une église. La mise en scène est très satirique, si le collecteur d’impôts est traité comme à l’habitude, la présence du diable-bouc désigne d’emblée le mauvais personnage, le Pharisien. Il est caricaturé, dangereux avec son poignard, hargneux comme le chien qui le précédent … Mais surtout le peintre transforme la scène puisque le Pharisien ne s’adresse pas à Dieu, comme dans le texte biblique mais directement à nous, ajoutant à sa suffisance, la bonne conscience et l'exemplarité alors que Jesus conclut : « Je vous le déclare : celui-ci redescendit chez lui justifié, et non l’autre, car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

Le pharisien et le publicain, Jakob Zeiller et Franz Anton Zeiller ; 1755-1764, fresque, basilique Saints Alexander et Théodore, Ottobeuren, Bavière

 

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