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CHRONIQUE ART

Quelques hommes observent la main d’un blessé

On se croirait presque  dans une salle d’hôpital, un homme nu jusqu’à la taille tend sa main vers un vieillard et un jeune homme qui l’observent avec attention. Car cette main porte une marque de sang au centre de la paume, comme si elle avait été percée. Un autre homme debout regarde le « malade » avec surprise. La scène se passe dans un lieu abstrait sans aucune référence ni profondeur, l’espace est complètement noir et la lumière qui vient du haut à gauche éclaire seulement le premier plan, l’homme dénudé, les visages et les mains. Cette vive lumière et le rouge de son manteau mettent en valeur l’homme qui se donne ainsi à voir aux autres, et à nous.

Il s’agit bien sûr du Christ ressuscité qui se montre à quelques apôtres, surtout à « Thomas celui qu’on appelle Didyme ». Il doutait de sa résurrection, malgré le témoignage des autres apôtres qui lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » et lui répondait : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt... je ne croirai pas ! …Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » Ensuite il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. » Evangile selon Jean ch.20, versets 24 à 29.

Le Christ représenté ici est lumineux, serein et doux, nous sommes loin de l’homme souffrant de la passion,  il est profondément humain par son corps musclé, son visage à la barbe bien taillée, mais il y a en lui quelque chose qui dépasse son humanité, il renvoie à la beauté de Dieu. 

Contrairement à d’autres peintres Rubens montre à peine les plaies, seule celle de la main gauche est visible, les autres sont dans l’ombre, comme s’il craignait de ne pas assez mettre en valeur le Ressuscité. La Passion n’est rappelée que pour confondre Thomas.  Aux autres et à nous-mêmes le Christ proclame : « bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

Qui sont les trois apôtres présents et qui est Thomas ? Par sa position ce devrait être celui qui est le plus à droite, mais sa jeunesse renvoie à la figure traditionnelle de Jean, le témoin de la scène rapportée dans l’évangile. Thomas serait donc le vieil homme à la barbe blanche ?  A moins que ce soit celui qui regarde le visage du Christ et non ses plaies, car il a vu le Christ Vivant et rien ne dit dans le texte, qu’il a vérifié par le toucher ce qu’il avait promis de faire auparavant, et que Jésus lui a répété. Il avait posé des conditions à la foi, maintenant la rencontre face à face lui suffit pour la proclamer « Mon Seigneur et mon Dieu. »

 

L’incrédulité de St Thomas, Pierre Paul RUBENS,  1613-15 ; huile sur bois, 143 x 123 cm, panneau central d’un diptyque, Musée Royal des Beaux arts, Anvers.

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