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Chronique art

Un grand feu

Les couleurs chaudes sont partout, les rouges, les jaunes, et les différentes nuances de brun embrasent l’ensemble de l’image, sans que l’on distingue de vrais repères spatiaux. Pourtant on voit un feu central qui s’élève doucement en prenant la forme d’une tête, avec deux yeux que l’on devine, plus clairs au milieu des rouges. Les figures brunes prennent aussi la forme de petits branchages, qui brûlent et alimentent le grand feu, et tout en haut deux petites taches bleues, petits morceaux du ciel entrevu. L’ensemble est bien ordonné selon une verticale centrale, en bas apparaissent deux pieds dont on ne voit que les plantes, avec une marque dorée au centre de chacune. En haut deux paumes de mains qui s’écartent à partir des pouces qui se joignent, l’ensemble formant un papillon, aux ailes déployées. Cette présence humaine donne sens à la scène.

« Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le SEIGNEUR vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Il dit : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu » Livre de l’Exode, ch. 3, v.1à6

L’originalité de l’image concerne le rapport entre Moïse et Dieu, tous deux présents mais dans un rapport intime plus symbolique que réaliste. La réalité divine est centrale, la flamme s’élève du buisson et crée une présence extraordinaire avec ce visage à peine deviné. Quant à Moïse il est bien présent, mais face voilée donc invisible, seuls deux éléments corporels sont présents, ses pieds nus, sandales défaites, pour marquer le respect du lieu, et ses mains qui se joignent, en signe d’une prière d’adoration, il n’est finalement présent que sous forme d’empreintes qui entourent le Seigneur. Cette composition en forme de rouleau que l’on déroule, reprend la tradition des tanka de la culture bouddhiste tibétaine.

 

Le buisson ardent, Paul Koli, 1984, estampe, collection de l’Asian Christian Art Association, Bombay

 

Cette Chronique Art a commencé en décembre 2012, celle-ci est la centième, merci de la suivre.


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