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Chronique Art

Un homme parle à une foule attentive

Dans un cadre montagnard et forestier, un homme, un solide gaillard, est monté sur un rocher pour parler à une foule, qui l’écoute avec attention. Devant lui, des hommes sont assis en rangs serrés, ils sont drapés à l’antique, ce qui cache leurs conditions, mais à droite on trouve un soldat. Ils sont de tous âges, un père aux cheveux blancs, tient son jeune fils par l’épaule. Les femmes ne sont pas oubliées et elles occupent le premier plan, à droite, une mère nourrit son enfant, une jeune fille regarde amoureusement l’orateur.

La peau de bête portée sous le manteau rouge, et le bâton qui se termine en croix, permettent de reconnaître Jean-Baptiste, mais on est loin de la figure ascétique habituelle.

Ici le Baptiste n’est pas un ascète et nous ne sommes pas dans le désert, il l’a quitté pour les rives du Jourdain, qui se devine difficilement derrière la foule, le ciel est serein, seule la montagne peut rappeler que Dieu est proche.

Jean invoque le Seigneur en levant la main droite, mais c’est ce qu’il tient dans la gauche, qui mobilise l’attention. Une petite banderole où est écrit : « ECCE AGNUS DEI », « VOICI L’AGNEAU DE DIEU », c’est le moyen utilisé par le peintre pour faire entendre ce que dit Jean-Baptiste. La foule est saisie, elle s’agite et questionne.

L’artiste ne met pas en scène un texte particulier, on y retrouve quelques des échos de Luc « les foules l’interrogent… des soldats aussi… le peuple était dans l’attente…. Ils se demandaient : Ne serait-il pas le Christ ? » Lc 3, 10,15. Mais la parole centrale est celle de l’évangile selon Jean « il voit venir Jésus et lui dit : voici l’agneau de Dieu qui retire le péché du monde » Jn 1,29.

Puisque ce verset évoque une reconnaissance au cours d’une rencontre, Jésus devrait être là. Mais rien dans le tableau ne nous le laisse voir, entrevoir ou deviner.

Mais un événement incongru attire notre attention. A gauche un cavalier entre en scène, il est proche, personne ne le voit, il se rue vers la foule, elle ne prend pas peur, il a l’air de passer entre l’arbre et le manteau rouge de Jean, il n’est pas bousculé … Personne ne le voit sauf nous. Ce cavalier brille comme de l’or, et son cheval est immaculé. Un cheval blanc ? Cela renvoie à l’Apocalypse : « Lorsque l’Agneau ouvrit le premier sceau… Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blanc » Ap 6,1. Plusieurs Pères de l’Eglise ont vu dans ce cavalier au cheval blanc, le Christ, la Parole de Dieu, et on peut donc comprendre la scène, comme l’irruption du Verbe, au moment même où Jean annonce la venue de l’Agneau.

 

La prédication de St Jean Baptiste ; Giovanni-Battista GAULLI dit il BACICCIO, (1639-1709) ; c. 1690, huile sur toile, 181 x 172 cm ; Musée du Louvre, Paris.

 

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