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Éditorial

La rentrée en douceur

Samson n’était pas vraiment doux. Il était plutôt du genre à entasser les cadavres de Philistins… Ce héros biblique a pourtant laissé une énigme qui nous éclaire sur la vertu de douceur : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Elle lui avait été inspirée par la dépouille d’un lion qu’il avait écartelé et dans les entrailles duquel s’était installé un essaim d’abeilles produisant un miel délicieux (Juges 14, 5-14).

Cette énigme n’a pris son véritable sens qu’avec la venue de Jésus, « le lion de la tribu de Judas » (Apocalypse 5, 5), qui dit de
lui-même : « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). Les hommes peuvent avoir tendance à prendre la douceur pour de la faiblesse. Lui montre qu’elle est au contraire l’expression d’une force supérieure. Une force que le serviteur souffrant communique à ses disciples à travers l’eucharistie qui répond plus directement encore à l’énigme de Samson.

Je me suis longtemps demandé pourquoi les doux devaient « hériter la terre » (Matthieu 5, 5). On peut, bien sûr, identifier cette terre au Royaume des cieux. Mais une interprétation plus concrète est possible. La violence et la dureté ne réussissent qu’à court terme et détruisent celui qui les exerce. Seule la douceur envers les autres, mais aussi envers soi-même, permet d’édifier, d’accompagner et de grandir harmonieusement. Et par conséquent d’hériter d’une terre que nous aurons contribué à parfaire avec notre Père. 

P.-S. Je vous donne rendez-vous au congrès Mission pour raviver ensemble notre désir d’évangéliser (voir p. 43).