-
Fêtes
chrétiennes - Sacrements
- Temps forts
- États d'âme
- Documentation
- Boutique
Mots-clés
Dans la même rubrique
- Miséricorde est le nom de Dieu
- Il est ressuscité !
- Parfums de Carême
- Retour sur Golgota Picnic
- Noël : Quel Dieu fêtons-nous ?
- La mort a changé de visage
- La souffrance : une pro-vocation ?
- De l'anniversaire du 11 septembre à celui d'Assise
- Qui est notre Dieu ?
- Les jeunes en quête de sens
- Pour vous, qui suis-je ?
- Sexualité et religion
- Vraie et fausse culpabilité
- Dieu n'est pas celui que nous croyons
- François ou la puissance de l'amour
Me voilà pour six semaines à l’Ile Maurice, petit territoire de la taille d'un département français, tout proche de la Réunion. Elle s’appelait autrefois l’Ile de France. Les catéchistes qui ont organisé mon séjour n’ont guère laissé de temps morts. Le programme des rencontres est serré, deux ou trois par jour. Tant mieux ! Un prêtre ne s’use que si on ne s’en sert pas!
D’entrée, il y a eu la rencontre de 400 jeunes filles de l’école catholique principale. La plupart sont d’origine indienne ou malgache. Elles appartiennent aux communautés hindoues et créoles. Leur religion peut être hindoue (18%), musulmane (25%) ou d’une des diverses confessions chrétiennes.
Sur des feuilles distribuées au terme des deux heures de conférences, chacune a pu noter ses impressions. Je suis loin d’être au bout de la lecture des 400 feuilles. En voici un petit échantillon :
• "Je trouve que tout ce que vous nous avez partagé me servira pour construire ma vie. J’ai appris qu’un trésor existe au cœur de chacun..."
• "Grâce a vous, j’ai appris que la vie est un vrai et joli cadeau de Dieu. Dorénavant, je vais l’apprécier et la respecter davantage. Les belles paroles que vous avez dites m’ont beaucoup touchée et m’ont fait réfléchir à ce que je vaux et à mes valeurs…"
• "Ce que j’ai retenu, c’est que la vraie beauté est à l’intérieur. Ca m’a beaucoup touchée, car je ne suis pas très belle…"
• "Je vous avoue que j’ai déjà tenté de mettre fin à mes jours, mais maintenant je sais que je compte aux yeux de Dieu et de certaines personnes et du fond du cœur je vous remercie…"
Ensuite, je fus accueilli par une trentaine de parents d’élèves de "L’Ecole du Nord". Avec la Bible, tout s’éclaire : "Ta Parole était mon ravissement, la joie de mon cœur", disait le prophète Jérémie. Le thème des Béatitudes nous offre la vraie hiérarchie des valeurs. Les humbles de ce pays qui souffrent encore d’un manque de considération sont sans doute les plus proches du Royaume de Dieu. Le lendemain, une soirée d’une quinzaine de couples fut l’occasion d’évoquer le projet de Dieu lorsqu’il créa l’amour humain, âme de la famille.
Une rencontre à La Salette au milieu des manguiers avec une cinquantaine d’enfants leur permit d’exprimer comment Dieu se rend présent dans leur vie. Une autre rencontre avec 500 jeunes du London College de Port-Louis fut un moment inoubliable de dialogue.
Chaque jour, je concélèbre avec un prêtre mauricien et plus de 50 fidèles. Il aurait fallu une caméra pour raconter une messe de semaine, une "messe de quartier". Plus de 150 personnes au milieu des maisons en plein air sous la lune. Les chants créoles de toute beauté pourraient s’entendre a un km. Musulmans et hindous ne se gênent pas non plus pour célébrer la gloire de Dieu. Laïcité ouverte.
Hier soir à l’église, l’assistance était exclusivement créole. Trois cents personnes qui chantent avec une grande ferveur créent une atmosphère qui vous "ravigote". Les chants créoles composés par le prêtre Jocelyn Grégoire sont tellement rythmés qu’ils donnent envie de danser.
Ce matin, dimanche, la messe fut encore plus animée. Toute la liturgie se déroula en langue créole. Je n’ai aperçu aucun européen. On se serait cru en Afrique. Pendant l’homélie je me suis permis de chanter avec ma guitare deux negro-spirituals dont un d’Afrique du Sud que l’assistance a repris spontanément. Les embrassades au moment du baiser de paix allaient bon train.
Les villes où je réside ont des noms qui ne manquent pas de saveur : Cap Malheureux, Baie du Tombeau, Mon Loisir. Cela aurait pu être encore : Espérance, Rose-Belle, l’Avenir, Beaux Songes, Amitié… La France a laissé sur la carte des traces de blessures et de tendresse.
Lors d’un déjeuner ce matin avec l’évêque, Mgr Maurice Piat, devenu un ami de longue date, j’ai cru comprendre qu’un des problèmes de l’Eglise de ce pays est la place de la langue créole dans l’animation des messes. Le clergé n’est pas toujours à l’unisson sur cette question. Pour les uns, son usage exclusif dans certains quartiers est un respect envers ceux dont l’identité a été bafouée trop longtemps. Pour les autres, c’est un nivellement par le bas, qui maintient le peuple dans un "français de cuisine"… Un juste milieu est donc à trouver.
Je me prépare pour une rencontre avec 300 jeunes. A suivre…
Pour en savoir plus sur Stan Rougier, visitez son site : www.stanrougier.com
Réagir à cet article
Pour pouvoir publier une réaction, il faut être inscrit.
Je ne suis pas encore membre !
Je m’inscris







