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Pourquoi mes contemporains ont-ils tant de mal à croire à la Résurrection de Jésus? S’il n’était pas ressuscité, que serait devenue la petite troupe d’apôtres et de disciples? Ils se seraient terrés chez eux dans le silence le plus complet, ahuris, trompés, se demandant s’ils n’avaient pas rêvé, déçus d’avoir espéré trop grand.
La crucifixion n’était pas une condamnation à mort comme les autres. On ne parlait jamais plus d’un crucifié, il était devenu "innommable". Or voilà que tous vont préférer être torturés plutôt que de se taire. "Nous ne pouvons pas ne pas parler" (Actes 4, 20).
"Si le Christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus malheureux des hommes", osait dire saint Paul (1Co 15). Cet événement en entraîne d’autres singulièrement importants. D’abord cela donne du poids à la parole de Jésus. Les pages des Évangiles n’évoquent pas les propos d’un grand sage comme Confucius ou Socrate. C’est Dieu qui S’exprime par la voix de Jésus. C’est le Dieu du Sinaï, le créateur des galaxies qui parle.
Une autre réalité capitale nous est ici annoncée: la mort a changé de visage! S’il n’y a rien après la mort, si la mort est le fin mot de l’aventure humaine, alors la vie elle-même, ses splendeurs et ses combats, comment faire pour les prendre tout à fait au sérieux? Comment faire pour prendre au sérieux ces routes de l’Histoire qui mèneraient nulle part? Comment faire pour prendre au sérieux nos liens humains tellement provisoires?
Je contemple une photo de mes parents et de mes frères décédés et je sais que je les reverrai, plus vivants que jamais, après ma propre mort. Cette promesse divine, ce n’est pas rien! "Trop beau pour être vrai!" me disent la plupart de mes amis. La vérité se doit-elle d’être triste? Notre existence est déjà un mystère assez fabuleux pour que celui de notre retour à la vie puisse apparaître comme plus simple, plus naturel. Quel est le miracle le plus étonnant: surgir du néant pour commencer à exister ou reprendre vie?
Saint Paul ne semble pas gêné lorsqu’il compare notre corps à un grain de blé, dont la substance va disparaître en terre pour que naisse un épi débordant de grains. On peut préférer une image utilisée par Antoine de Saint-Exupéry. Il compare la mort à la métamorphose de la chenille en merveilleux papillon. Il ajoutait: "La mort seule pourra combler celui qui a beaucoup d’espace dans le cœur."
Nous avons eu une première vie dans le ventre de notre mère; neuf mois d’un travail incessant pour nous construire la panoplie complète du vivant. Puis il a fallu mourir, c’est-à-dire naître, accéder à une autre vie, plus autonome, plus aérée, plus ouverte au monde. Pour le croyant qui ne fait pas un tri dans les promesses de Dieu, il va de soi que Jésus nous a "préparé une place dans un monde nouveau où il n’y aura plus ni pleurs, ni cris, ni souffrance ni mort" (Ap 21, 4).
Nous ne serons plus jamais laid dans le regard d’un autre. L’amour seul demeurera sans rien qui puisse ternir l’éblouissante beauté de nos liens. Plus j’aime la vie, plus le retour au néant me semble inimaginable, indigne du Créateur. Et lorsque je vois quelque chose de si beau que cela me coupe le souffle, comme le regard d’un enfant, j’entends Dieu me dire: "Tu n’as encore rien vu!"
Pour en savoir plus sur Stan Rougier, visitez son site Internet.
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