Sélection de prières extraites de Prier n° 304 - Septembre 2008 :

Prière du corps

Mon corps pour toi...

Photo pour la prière du corps

Une fête dans le bidonville du Caire - Denis Dailleux/Agence VU.

Mon Dieu,
donne-moi un coeur pour t’aimer
et des yeux pour te voir.
Donne-moi des oreilles
pour entendre ta voix
et des lèvres pour parler de toi.

Donne-moi le goût pour t’apprécier,
l’odorat pour sentir ton parfum,
donne-moi des mains pour te toucher
et des pieds pour te suivre.

Sur la Terre et dans le Ciel,
je ne désire que toi, mon Dieu !
Tu es mon seul désir,
ma consolation,
la fin de toutes mes angoisses
et de toutes mes souffrances.

saint Tikhon de Zadonsk (1724-1783)

En pratique

Etonnante par sa modernité et son «incarnation», cette prière limpide nous aider à chercher Dieu de tout notre être, corps, âme et esprit. Elle est due à saint Tikhon de Zadonsk (1724-1783), l’une des grandes figure de l’orthodoxie russe. Né dans la misère, il réussit par son courage à diriger le séminaire de Novgorod, avant d’être nommé contre son gré évêque de Voronèje. Forcé à démissionner par la maladie après des années d’efforts, Tikhon se retire alors au célèbre monastère de Zadonsk, où il passe ses dernières années à dicter d’admirables traités spirituels. Souvent ravi en extase, c’est là qu’il s’éteint dans le dénuement.

Prier n°304 - Septembre 2008

Prière du mois


Humour. La prière de la cruche

Photo de la prière du mois

Femmes à Madagascar - Christian VAISE/ HOA-QUI.

Seigneur, au cas où tu aurais besoin d’un saint,
je suis venu pour la place : je ferai très bien l’affaire !

Le monde est rempli de gens parfaits : certains t’offrent tant de sacrifices qu’ils les notent sur un carnet, de peur que tu te trompes en les comptant.

Moi, ça m’ennuie énormément, les sacrifices... Et ce que je t’ai «donné», Seigneur, tu l’as toujours pris sans permission... Tout ce que j’ai pu faire, c’est ne pas trop rouspéter. (...)

Les gens parfaits ont tant de qualités qu’il n’y a plus de place en leur âme pour autre chose... Mais, Seigneur, un saint, c’est un vase vide : tu le remplis de ta grâce et il déborde de ton amour !

Or, je suis un vase vide... avec un peu de boue au fond. Pas très propre, certes, mais tu dois bien avoir quelque céleste poudre à récurer. Et à quoi servirait l’eau de ton côté, sinon à nous laver avant usage ?

Si tu ne veux pas de moi, Seigneur, je n’insisterai pas. Réfléchis pourtant à ma proposition, elle est sérieuse. Quand tu iras puiser le vin de ton amour, rappelle-toi que tu as quelque part sur la Terre une petite cruche à ta disposition.

Tiré du bulletin du Mouvement chrétien des retraités (Essonne)

En pratique

Ce texte anonyme nous invite à découvrir la vertu spirituelle de l’humour. Celle de prendre la vie avec légèreté et profondeur, soit avec un vrai discernement, un authentique détachement mais aussi avec une réconfortante tendresse. De quoi relativiser en nous et hors de nous ce monde et sa logique -celle du « tout à l’égo »...- pour mieux voir ce qui vaut vraiment, autrement dit ce qui ouvre un sentier d’humanité culminant dans la sainteté. Et un saint triste n’est-il pas un triste saint ?

Prier n°304 Septembre 2008